La bulle de Lili

la soirée de Lili

Vendredi 8 Juillet 2005 à 18h15

On avait décidé de se faire une petite soirée pizza-dvd. Pizza très bonne, dvd moyen. On le regarde allongés l'un à côté de l'autre, très sages, sur son lit.
Fin du dvd, on parle encore un petit peu, et puis l'heure de se séparer approche, pasque j'habite à quasiment une heure de trajet de chez lui, et les transports en commun s'arrêtent assez tôt. Oh non, il dit, tu pars déjà ? Oui, je dis en regardant son réveil, allez, encore cinq minutes et j'y vais. D'accord, il répond, et il tourne le réveil vers le mur, je te dirais quand ça fera cinq minutes...on parle encore, encore, l'heure tourne...et puis je dis Arthur, je dois vraiment y aller...il répond t'as qu'à dormir ici, on commence à la même heure demain, là ça te fait tard, et puis j'ai pas envie que tu partes.
Je reste, on écoute de la musique toute douce à la radio, on se glisse sous la couette pasqu'il fait frais, on éteint la lumière. Jusque-là, tout va bien, moi dans ma tête c'est très clair, Arthur, c'est le genre d'individus dont j'ai déjà parlé, qui ne voient l'ambiguité nulle part. Même quand sa main effleure la mienne, qu'il la prend, la caresse, genre de choses qui avant m'auraient fait tilt, là, ayant déjà vécu une situation similaire, je me dis, du calme, sa copine, tu y penses, c'est pas possible, arrête, pas de films, il est pas du tout ambigu : c'est de l'amitié
J'ai commencé à douter de mes certitudes quand il a embrassé ma main, avec un regard on ne peut plus explicite (car avec la lumière de la rue, il faisait pas totalement noir). Et là, j'ai réfléchi trois secondes. Je lui ai dit "on fait quoi là ? je dois te rappeler que t'as une copine ?". Petit sourire gêné. "Et voilà, la grande discussion..." oui, je lui dis, mais on peut pas l'éviter. D'une manière ou d'une autre il détourne adroitement le sujet, me dit qu'il est désolé de m'avoir embarqué là-dedans, que c'est un connard, que j'ai le choix. C'est bien beau, je dis, mais j'ai très envie de t'embrasser..."c'est toi qui vois" il répond. Il est très fort cet Arthur.

Alors voilà, une première nuit passée dans ses bras, je me dis que d'accord, je suis pas réglo par rapport à la copine, mais elle avait qu'à être là, et s'il la trompe avec autant de certitude, c'est mal barré pour eux...
Arthur arrive à me faire sourire, à me surprendre par ce qu'il me dit. "j'en avais envie depuis tellement longtemps...après que tu m'aies parlé, pour la première fois dans l'ascenseur, je t'ai cherché, je savais pas où tu travaillais...j'ai tout fait pour venir te parler..." moi j'en reviens pas. Soit c'est du baratin, et il est très fort, mais cet éclat que je vois dans ces yeux, je me dis que c'est de la sincérité. Même si avec sa copine ça a l'air super bizarre, et qu'il y fait jamais allusion. Je m'en fous. Il me reste trois semaines, il veut qu'on soit ensemble tout le temps, ça me va. Je veux profiter de lui. Pas me prendre la tête. On verra après.

Il m'a aussi dit que sous le parapluie, la veille, il m'aurait bien embrassé. Mais qu'il a pas osé. Que j'aurais du le faire. Je lui ai expliqué que de mon point de vue, c'était normal que je l'ai laissé s'approcher de moi sans faire un geste, étant donné la situation...

Je suis contente. J'espère que ça va durer un tit peu...