Je sais je suis sans aucun doute extrêmement naïve...mais à 20 ans je n'avais pas encore vécu d'histoire comme celle-là, même si elle n'a malheureusement duré que deux semaines...
Cette fois, c'était différent...sa manière de me regarder, de me parler, de me toucher...de me vouloir toujours à côté de lui, sans être envahissant, collant, pasque je ressentais exactement la même chose...
Cette fois, c'était différent...il me disait des belles choses, et je le croyais, pasqu'Arthur, quand il dit les choses, c'est pas pour faire son lover, c'est pasqu'il les pense...
Cette fois, c'était différent, surtout la fin...d'habitude je m'en vais car je me suis lassée...avant-hier, à la Foire, avec une copine sur une attraction, je le regarde qui nous attend, et d'un coup je redeviens sérieuse, et je dis à Vanessa : Ca va faire bizarre la semaine prochaine...oui quoi, ça semblait naturel qu'on soit ensemble, on commençait tout juste à bien s'amuser, à avoir des références en commun...on a passé deux semaines extraordinaires, et alors que je pensais que la deuxième serait principalement une nostalgie de la première, non ça a encore été mieux, on était plus complices que jamais...ça a été un des premiers dont je ne me sois pas lassée, et dont j'ai pensé qu'il y avait encore tellement de choses à faire ensemble...
Ce soir, notre dernière soirée...Prévu d'aller en boite avec des copains, j'ai préféré éviter l'écueil, les adieux déchirants,les regards lourds...j'ai opté pour un apéro avec lui, puis Anne nous a rejoint pour manger et boire un coup, avant de rejoindre son copain...dans le bar, les verres ont une inscription : "ne me quitte pas". On rit jaune.
A la sortie du bar, on décide d'aller sur la place principale, où il y a des jeux de son et lumière. Tous les deux. Une fois finis les sons et lumière, je me retrouve assise en tailleur face à lui, nos fronts collés l'un à l'autre, à lui dire "je préfère y aller, je veux pas de trémolos dans la voix, rien". Il est d'accord, me murmure qu'il pensait pas que ce serait aussi dur. Les larmes, sans faire exprès, commencent à monter aux yeux, je lui dis que si je suis froide au boulot, c'est normal, qu'il ne faudra rien me demander. Et puis les larmes montent trop fort, pour les justifier, je dis que j'ai une allergie aux yeux, une connerie, pour pas dire que je suis en train de pleurer comme une conne pasque ça me fait plus souffrir que ce que je pensais de le laisser, de penser que je pourrais plus le serrer contre moi, dormir avec lui, rire, l'embrasser...et comme ces larmes montent trop fort, je me décide, je lui dis, Je m'en vais, ne m'accompagne pas, et je pars, je le laisse, bras ballants. J'arrive à mon arrêt de bus, il est en train de partir, je saute dedans, on fait quelques mètres...et là je le vois en train de courir à côté du bus. Et arrêter le bus pour monter dedans. Il s'asseoit à côté de moi, je ris dans mes larmes. Mais, c'est pas ton bus, je dis. Je m'en fous, il dit, je te raccompagnerais jusqu'à chez toi, mais je pouvais pas te laisser partir comme ça.
Alors on redescend du bus, on attend le prochain, il me dit qu'il s'en fiche que je sois froide au boulot, qu'il a pas envie que je souffre, qu'il faut que je lui dise comment faire pour résoudre la situation. Je lui dis que je veux pas lui dire de quitter sa copine, je suis pas ce genre de fille, mais que je reviendrais pas en septembre comme il me l'a demandé si je suis juste la fille en plus. Gros cas de conscience, il a les larmes aux yeux, me chuchote qu'il a passé deux semaines magnifiques, qu'il aimerait que le temps s'arrête...et quand mon bus arrive, murmure dans mon oreille Mon Amour. Non, je dis, pas ça, le dis pas, pas ce soir, c'est trop tôt, ou trop tard...Et je monte dans mon bus, en le regardant, et les larmes reviennent, je sais pas, c'est bizarre, je pensais pas m'être autant attachée.
Alors oui, c'était différent. Une chose est semblable : encore une fois je me suis précipitée tête baissée coeur ouvert, et je suis en train de me prendre une grosse baffe dans la gueule, sans vouloir être vulgaire. Une fois de plus je vais en ressortir pleine de méfiance, mais recommencer la même erreur la prochaine fois.
Le problème c'est que je réalise pas encore très bien tout ce qui m'arrive...