La bulle de Lili

Can't Take my Eyes Off You

Lundi 25 Juillet 2005 à 16h43

Ce matin, je me réveille, un coup de téléphone de lui : "je peux te voir à midi ? il faut que je te parle..." euh ouais, rdv à midi devant la sortie des employés, vu que moi je suis en congé...
Il est 11h, alors je me précipite en-dehors de mon lit, je saute dans ma douche, faut que je sois jolie, qu'il regrette, au moins qu'il me voit sous un bon jour.
Midi, j'arrive, pile à l'heure, personne. Il arrive à mdi et quart, hésitant, regardant partout autour de lui, Elle est pas loin, il dit, alors bon...sur le coup l'énervement monte. Ou la lassitude, je sais pas. C'est bon, je dis, je m'en vais, pas la peine d'en dire plus. Il me retient, "non, on a le droit de discuter..." mais je le sens tellement mal à l'aise que je décide de rentrer avec lui boire un coup à la cantine du boulot. Soulagement pour lui.
Je m'asseois en face de lui, je dis "alors ?", et je vois qu'il parle pas trop, qu'il tourne autour du pot, me demande si ça va, si j'ai passé un bon week-end, tout ça...j'ai envie de lui dire, mon week-end a été horrible, j'ai pas arrêté de penser à toi, envie de t'appeler tout le temps pour te dire de me rejoindre, mais non, je lui dis "ça va, j'ai vu Anne, tant mieux", c'est tout. Lui dit qu'il s'est ennuyé tout le week-end (sympa pour elle...), qu'il a beaucoup pensé à moi, vu qu'en plus tous les endroits où il allait avec elle, on y était déjà allés ensemble. J'acquiesce, mais je ne veux pas trop parler. C'est lui qui a voulu que je vienne. C'est à lui de cracher ce qu'il a dans le coeur, dans la tête.

Il dit qu'elle est au courant pour nous, à cause d'un message de moi qu'elle a dégoté dans son téléphone (elle aussi elle a un instinct de fouine), qu'elle a pleuré, qu'il lui a juste dit qu'on avait passé beaucoup de temps ensemble, et un bisou...pour ne pas la faire trop souffrir.
Je compatis. Je souris. Un peu. Je me demande ce qu'il veut. Il me dit qu'il sait toujours pas où il en est. Toujours au même point. Qu'il aimerait que ça continue entre nous, mais qu'il veut pas la faire souffrir.
La lassitude revient : je lui dis qu'avec un raisonnement comme ça, il la quittera jamais. En fait il sait très bien où il en est. C'est un cercle vicieux, mais un faux cercle vicieux. Il m'énerve. Il dit qu'il souffre, mais je sais pas s'il se rend compte qu'il fait aussi souffrir autour de lui. Il me dit "peut-être qu'elle me quittera, elle"...je dis d'accord, mais hors de question que je sois la solution de rechange. Je sens que plus je parle, plus je l'assassine. Mais c'est tellement un rêveur qu'il faut lui mettre la réalité en face, sinon on s'en sortira jamais.

J'ai envie de lui hurler à la figure, mais merde, t'attends quoi de moi, à essayer de me retenir, de me faire dire que oui, je me suis attachée à toi, tu le sais, même plus que je me suis jamais attachée, mais ça sert à rien que je te le dise, pasque tu la quitteras jamais...alors du coup, tu vas rester avec elle toute ta vie, hier dans la rue j'ai croisé une petite famille bien proprette, elle blonde, souriante, lui avec un pull jeté sur les épaules, tenant leurs deux bambins par la main, et j'ai pensé à toi, je me suis dit, ça sera ça ta vie, pasque tu te bouges pas pour la changer...est-ce que t'en as vraiment envie d'ailleurs...
En gros son indécision m'énerve. Il veut m'avoir près de lui, mais en même temps ne se résoud pas à l'éloigner, elle. Il peut pas avoir les deux...

A un moment je décide de partir. On tourne autour du pot. Il me retient plusieurs fois, me dit qu'il aimerait ou aurait aimé que ça continue, je lui dis que ça tient qu'à lui, moi je peux pas prendre de décision à sa place, il sourit d'un air un peu embarassé, mais bon c'est la réalité, Arthur, ne le nie pas...une envie de l'embrasser, mais je peux pas, elle est là, plus présente que jamais, entre nous...je m'en vais, je sors, et là, coup de couteau dans le coeur : je la vois, à la sortie des employés, qui l'attend...je la vois seulement de profil, mais je la reconnais immédiatement...alors je m'en vais, les jambes flageolantes, en le prévenant par sms qu'elle est là.

Je suis un peu perdue, encore, pour changer. Il m'a dit que je pouvais l'oublier, d'accord,je dis, mais tu m'as laissé trop de souvenirs pour que je puisse t'effacer comme ça...je sais pas trop ce qu'il pense. Il joue, mais il s'en rend pas trop compte.

J'ai presque hâte d'être rentrée chez moi en France pour ne plus risquer de l'avoir sous mes yeux à chaque instant. Ca fait trop mal de pas pouvoir lui prendre la main, lui faire un clin d'oeil, l'embrasser.