Le retour en France se rapproche...et des fois j'ai envie que ça arrive vite, surtout avec la situation avec Arthur. Enfin, tout à l'heure, quand il m'a dit, "ma décision est prise, je la quitterais pas, ça va trop la faire souffrir, même si je vais le regretter", là j'ai eu une envie folle de ne plus être en face de lui, et de courir me réfugier dans mes montagnes, dans mon lit, avec mon nounours Augustin, comme quand j'étais petite, me recréer un cocon avec ma famille et mes amis, l'oublier. Mais non, j'étais toujours là, scotchée dans son bureau, à essayer d'avoir l'air détachée, à dire Bon ben je vais retourner travailler, ça a le mérite d'être clair, et une envie de lui dire "c'est dommage tu sais pas ce que tu loupes...".
Anne s'en est chargée. De lui dire qu'avec ce raisonnement-là il pouvait carrément se marier tout de suite avec elle. Que s'il faisait ça toute sa vie, se sacrifier pour les autres, il était pas près d'être heureux. Anne parle toujours franchement, l'a fait limite pleurer, mais c'est bien, peut-être un peu trop...on verra.
Et des fois, de me dire que j'ai plus que trois jours à travailler là, je me dis que ça me manquera. Quand je repense à mes premiers jours, ça me parait loin, mes angoisses d'alors me semblent démesurées, les gens me semblent différents pasque je les connais mieux...mon rapport de stage a été chouchouté par mes responsables. Ils m'ont dit que c'était dommage que je m'en aille, et que j'avais une place quand je voulais dans cet établissement.
Ca fait chaud au coeur de voir son travail considéré comme il se doit.
En fin de compte ça va me manquer. Cette ville...ces gens...ces chats...ce chez-moi...ces chaînes de télé...ce temps...cet accent...ces amis...cette histoire...