Quand je vois un train passer, sur le pont à coté de celui où je passe tous les matins, je me demande où il va. Je me dis que j'aimerais bien sauter dans ce train, et partir.
D'une manière générale j'aime voyager. J'aime etre dans les gares, les aéroports, et me laisser porter. Enregistrer les tickets, les bagages. Acheter des livres, magazines, que je ne ferais que feuilleter finalement parce que j'aime regarder le paysage, remarquer les petites choses qui forment un tout lors d'un voyage. Acheter de quoi grignoter. Chercher mon quai, mon wagon, ma place. Regarder les gens autour de moi, imaginer pour quelles raisons ils partent.
Je l'ai déjà dit, mais quand on voyage j'ai l'impression que le temps passe plus vite. Le temps devient une parenthèse, une attente, de quelque chose. Toutes les personnes que tu croises dans un aéroport attendent la meme chose, un avion, une correspondance, une personne. Tout le monde est là dans le meme but.
J'aime voyager, et c'est pour cette raison que je n'aime pas accompagner des personnes à la gare. Elles montent dans le train, elle partent, et moi je reste là, sur le quai, ce n'est pas toi qui part Lili, non, toi tu restes là, alors je repars, le coeur un peu lourd, vers ma vie quotidienne. Ce sont les autres qui repartent, et moi je reste là. Ca me fait le meme effet à chaque fois qu'on a de la visite ici : une amie, qui repart vers G***. La famille, le copain de Lorraine, qui y repartent aussi, nous laissant ici...une envie, au dernier moment, de sauter dans le train, dans la voiture, juste pour y retourner quelques heures, juste pour la magie du voyage, et puis revenir après. Changer d'air, et revenir.
A chaque fois que quelqu'un repart, je me pose la question : pourquoi pas revenir un week-end, quelques jours en France ? après tout je ne suis qu'à 7h de route. Et puis la réalité reprend ses droits : Lili, ca te fait cher pour un week-end...ca fait 15h de route, c'est long pour deux jours...et puis, tes parents viennent ce week-end, et après tu rentres à Noel...mieux vaut garder ton argent pour visiter ce pays, non...
Alors je soupire, parce qu'au fond de moi je sais que c'est vrai, que ce ne serait qu'un caprice de revenir maintenant. Que je n'en ai pas vraiment besoin. Qu'à Noel j'y suis.
Tous les matins, après avoir regardé le train passer d'un coté, je tourne la tete de l'autre coté, et je vois la mer. Ca aussi, ca vaut le coup.