On attaque la dernière semaine ici...quand je viens à la fac, le matin, j'essaie d'enregistrer tout ce paysage, toutes ces choses qui me sont devenues quotidiennes, mais qui, la semaine prochaine, ne feront déjà plus partie de mes habitudes. J'ai la musique dans les oreilles, je regarde la mer, j'enregistre visuellement, je souris.
Ca sent la fin, pour tout le monde, et je n'aime pas cette ambiance de nostalgie précipitée. Enfin, pas que j'aime pas, mais je me sens oppressée, oppressée parce que je veux partir, mais j'aime cette ville, ces gens que j'ai connus ici, qui en fin de compte m'ont apporté beaucoup. Ils sont adorables. Le mécanisme a eu du mal à se remettre en place, mais ça y est, on a tous envie de refaire des soirées, de se voir. On sent que c'est bientot fini, on veut rattraper le temps perdu.
Chacun veut récupérer les photos des autres, chacun veut organiser un repas, avant que je parte, un apéro, une sortie en boite. Ca me ferait presque monter les larmes aux yeux, et donner envie de rester un peu plus. Et puis après je repense, à ma chambre où il fait 10 degrés, à mes journées somme toute innoccupées...alors c'est décidé, je m'en vais vendredi.
Quatre petits jours...j'ai envie de revenir ici en été. C'est sur.
Quatre petits jours et puis s'en va, après je vais passer un week-end chez Papa. Il a répondu, finalement. Viens quand tu veux, appelle-moi quand tu rentres en France.
Hier soir, repas à la pizzeria à coté de chez nous, avec Lorraine. On connait deux des serveurs, Erasmus tchèques, les pizzas sont délicieuses et grandissimes, et à la fin le patron nous offre le limoncello. Pas deux petits verres, non, une petite carafe pleine, qu'on est libres de vider ou non. Premier verre, le limoncello nous réchauffe les coeurs. Deuxième verre, on commence à rire, à parler de choses impromptues. Troisième verre, c'est un fou rire continu. Quatrième verre, on a vidé la carafe, il est temps de partir, on titube en allant vers la sortie. Les serveurs sont ravis, le patron content. Et c'est dans des moments comme ça que je me dis que ça va vraiment me faire bizarre de ne plus vivre avec Lorraine une fois revenues en France. Depuis une semaine et demi que nous sommes là, ça avait changé, elle toujours avec son copain, moi toujours toute seule. Hier soir on a retrouvé un peu de complicité. Et je me suis rendue compte que ça m'avait manqué.