Et pas le temps de les dire, toutes ces choses, parce que semaine chargée, et la fac c'est pas top question intimité pour écrire...je commencerais donc par mon week-end dans le Nord, à l'occasion d'une fête de famille...
Jeudi soir je rejoins ma famille à côté de L* où on doit prendre l'avion le vendredi matin. L'ambiance entre Roland et sa femme est tendue, ils se disputent à table, tout le monde mal à l'aise...mais incident oublié, du moins en surface. Je retrouve mes neveux avec un sourire inexplicable (c'est fou ce qu'ils m'avaient manqué).
Vendredi ,on part, on arrive dans ce Nord que j'aime tant, le pays de ma mère qui est devenu le mien aussi...vendredi après-midi, je prends le vélo, toute seule, pour aller me balader. C'est la première fois que je vais me balader toute seule là-bas, et ça me fait un bien fou de voir que je peux prendre des initiatives (même si c'est vrai que ya mieux comme initiative). Je reviens, fatiguée, mais heureuse, et Patrick et sa copine arrivent eux aussi.
Samedi, je convainc (? pas sûre de l'orthographe) mes frères, femmes et cousins de partir visiter Bruxelles. Mon coeur fait des bonds quand je me lève le matin, je suis impatiente de partir, vers 11h on décolle enfin. Sur l'autoroute je guette, le nombre de kilomètres se réduit, mais tellement lentement, c'est fou comme le temps passe doucement...et puis on arrive, je vois Koekelberge, l'église, au loin, et là, je souris. Bruxelles, attends-moi, j'arrive...c'est fou cette impression de ne jamais avoir quitté la ville. Elle m'avait manqué, mais en fait d'y retourner, comme ça, j'ai eu l'impression de n'être jamais partie. C'était naturel d'y être. Je me suis dirigée dans la ville, en me souvenant d'à peu près tous les noms, (des trous, de temps en temps, j'aime pas), indiquant à ma famille que tel monument a ça comme caractéristiques, que ce magasin fait bien les gaufres, qu'au fond de la rue il y a Manneken Pis. Ma belle-soeur me demande combien de temps je suis restée, je dis trois mois, elle me dit "ben moi ça fait un an que je suis à Paris, et je pourrais pas te faire visiter un seul quartier comme tu fais avec Bruxelles". Oui, mais moi, je m'y sentais bien,à Bruxelles...
Fin de la journée, on va visiter l'Atomium, et puis on repart. Une pointe de nostalgie, mais au fond, je sais que je reviens dans deux mois. C'est pas long, deux mois.
Le dimanche, c'est le jour de ma fameuse fête de famille. Quand on arrive, il y a plein de gens que je ne connais pas. Normal, on est 116 (on est une grande famille, je crois). Et puis dans ce pays on ne parle pas ma langue...alors je tatônne, je trouve des cousins, cousins qui parlent français, le repas se passe bien, très bon. Vers 16h ma belle-soeur repart avec les bébés, fatigués, j'hésite à partir avec elle, et puis finalement non, ma mère est tellement heureuse qu'on soit là, tous les trois, que je décide de rester.
Ce que je savais pas c'est que la soirée allait durer...alcool à volonté pendant tout l'après-midi, les membres de ma famille rigolent de plus en plus fort, dansent, chantent,...les tables se vident peu à peu, on doit finir à 40, et c'est les 40 que je vois à chaque fois que je vais là-bas. Comme quoi, on est le noyau...vers 21h je décide de m'y mettre aussi, au vin blanc (même si ma famille est à la bière), deux verres et moi aussi je souris, je ris même, je parle avec plein de gens, je me lie plein de contacts avec ces cousins que je ne connais, au fond, pas bien.
Mes frères aussi ont bu, et on parle beaucoup pendant cette soirée de la situation avec mon père. Roland dit qu'il va aller voir un psy, il ne se sent pas bien dans sa peau. C'est la première fois qu'il ose mettre des mots sur son malaise. Ma mère est heureuse. On lui assure qu'il ne nous décevra jamais, bref, le parfait tableau de famille. Dire qu'il faut avoir de l'alcool dans le sang pour ça.
Autres mots, ceux de Patrick, qui me surprennent. Un tango passe dans la soirée, il dit à Roland, invite maman à danser ça lui fera plaisir...Roland s'exécute. Et Patrick se tourne vers moi, et me dit " ça fera plus plaisir à maman si c'est lui qui la fait danser que moi", et devant mes yeux abasourdis, il me sourit, me dit "mais t'inquiète pas, ça va très bien, je le vis bien". Et c'est là que je me dis que lui aussi a un malaise, a l'impression d'être moins aimé que nous deux. Ne parle plus à papa, et a l'impression de moins compter aux yeux de maman que Roland. J'ai envie de le prendre dans mes bras, de lui dire que c'est pas vrai, mais qu'est-ce que tu dis, t'es con, moi je t'aime, j'aime Roland, c'est pareil mais c'est pas comparable,...mais je peux pas faire ça, c'est mon grand frère de 1m85 qui m'apprend à jouer au rugby et avec qui les seuls contacts que j'ai, c'est quand on se bat. Alors je reste là, les bras ballants, à vouloir lui dire ces mots qu'il ne veut pas entendre, au fond, puisqu'il me dit que ça va très bien.
A 23h la fête est finie, avec des cousins de ma mère on décide d'aller au resto. On finira par rentrer vers 2h du matin, heureux, à se taper des fous rires sur le chemin du retour. Je crois que j'ai rarement été proche de ma famille que ce jour-là.