Hier j'ai décidé d'appeler mon père. Même si je m'étais jurée d'attendre son coup de fil. Disons que j'ai envie d'organiser mes vacances, et que du coup, je m'étais dit que ce serait sympa de passer quelques jours chez lui.
J'appelle donc, me maudissant à l'avance, quand il répond, il me dit "ça va ?", je dis "oui, je t'appelle, parce que vu que j'attends encore que tu me rappelles depuis un mois, je crois que c'est mieux si je t'appelle la première..." il ne répond pas grand-chose, me demande quoi de neuf ?
La conversation a duré en tout et pour tout 10 minutes. Je n'ai pas eu mon père au téléphone depuis un mois, et la conversation a duré 10 minutes. C'est nul. Et je me demande encore pourquoi je m'accroche, avec le temps je devrais avoir compris...
Il ne fait que me demander comment ça va, quoi de neuf, joue parfaitement son rôle de psy, me demande si tout va bien dans ma vie, si je suis "contente de moi", si j'ai des soucis, en gros il se demande pourquoi je l'appelle. Quand je lui demande de ses nouvelles à lui, il me parle de Roland, qui est bien rentré dans son île (du coup on parle de la beauté géographique de l'île), des jumeaux qui sont vraiment beaux et drôles. Et oilà. Ah oui il me dit aussi qu'il fait pas très beau chez eux. Chouette quoi. Je lui parle deux minutes des manifestations CPE, après, le reste de la conversation est faite de gros blancs, de silences, et puis finalement, je dis "bon, ben..." et là il rétorque, "oui à la prochaine !" et voilà. Ca s'est fini comme ça. D'un coup d'un seul.
Je me rends compte que j'attends peut-être trop de lui, mais j'attends juste qu'il soit un père. Que des fois, il pense à moi, et m'appelle. Là c'est trop irrégulier, il ne m'appelle pas pendant deux mois, puis m'inonde de coups de téléphone. Là je dois pas être tombée pendant le bon moment, puisqu'il n'a même pas parlé de me revoir (j'y suis allée début février).
Du coup, grosse déception, en raccrochant je pleure. Les larmes montent toutes seules, je peux pas les empêcher. Et puis à un moment je dois bien sortir de ma chambre, Lia s'inquiète, demande si ça va, si je veux en parler, en voyant mes yeux (saletés de lentilles). Je dis non, les larmes sont encore bien présentes.
Du coup envie de faire mon associale. Hier soir on a quand même été manger chez une copine, après un apéro chez des copains qui nous invitent ce week-end dans un chalet, dans une petite station très renommée. Mais pas envie d'y aller...pas trop la tête à faire la fête, et puis j'en ai un peu marre qu'on ne me dissocie pas de Lia. Envie de faire mes preuves de mon côté, envie de me détacher un peu de ce couple fusionnel qu'on est en train de former. Du coup je vais sûrement passer le week-end toute seule. Tant pis pour ma gueule, après faudra que j'arrête de me plaindre qu'on ne m'invite jamais nulle part...