La bulle de Lili

Et si...

Mercredi 24 Mai 2006 à 21h59

De retour aujourd'hui de quatre jours dans le Sud, côté Languedoc, c'était bien sympa...camping à 120, tous les uns à côté des autres, du vrai camping quoi, mais ça fait du bien...se balader en maillot et claquettes dans le camping pour aller se baigner, emmener ses verres et ses bouteilles chez les voisins pour déguster l'apéro, aller à la piscine, se crémer contre le soleil, et de temps en temps, aller aux conférences organisées en notre honneur...ça m'a plu.

Et maintenant, de retour en semaine de révisions, là ça va s'enchaîner très vite, et j'ai de plus en plus envie de partir...envie de fuir, sans doute, cette vie qui ne me plaît pas trop...envie d'avoir une excuse pour ne pas avoir de copain, de ne pas trop sortir, de rester un peu seule...je sais pas..

Ce matin je suis allée chercher les résultats du test à l'hôpital. Sur la route, cachée derrière mes lunettes de soleil super glamour, je dissimule mon stress, en écoutant attentivement la musique de mon mp3. D'un coup, j'entends une voix derrière moi, un garçon (garçon, point homme, car plus jeune que moi), qui m'aborde...je me retourne, prête à lui dire que non, j'ai pas de feu, je fume pas, ou que la place St Léger, c'est à droite, mais non, il me dit qu'il me trouve très jolie, qu'il aimerait bien boire un café avec moi. Surprise, parce qu'il doit avoir 17 ou 18 ans, qu'il est maigre, petit, des lunettes, et un regard pas très rempli de confiance en lui...je lui dis gentiment que je peux pas, je repars de C* bientôt, après mes examens...il me dit '"alors allons le boire tout de suite ce café !" (je pense que son speech était tout prêt d'avance), je rétorque que non, j'ai un rendez-vous, et je m'en vais. Ca m'a surpris, je me fais jamais aborder dans la rue, et encore moins par des gars comme lui.

A l'hôpital, je suis la première dans le service, mais je dois quand même attendre une demi-heure que le docteur me reçoive...une demi-heure à essayer d'occulter ce que je fais là, à faire semblant de me passioner pour les magazines devant moi. Puis elle me reçoit, me dit "vous n'avez pas le Sida" (un tremblement qui s'arrête, un) "mais par contre...il ya des traces d'un contact avec le virus de l'hépatite B". Je la regarde, bouche bée. Quoi ? Ca veut dire quoi ? "mais ne vous inquiétez pas, votre corps a fabriqué des anticorps, il vous a protégé, vous êtes guérie...mais bon, les rapports non protégés, faites attention..." Et là, grand respect pour mon corps, et grande culpabilisation. J'aurais fait quoi, s'il avait pas fabriqué des anticorps ? Je serais restée comme une conne, à attendre un cancer du foie. Et pour le Sida, c'est pareil. Faut vraiment que j'apprenne à penser des fois.
Ma question est donc : qui me l'a refilé...il y a eu Romain, Arthur, et Henri, à Rome. De non protégé. J'ai été assez conne pour leur faire confiance, je veux dire, les trois sortaient d'une histoire sérieuse ou ils se protégaient pas...mais bon, voilà, le petit mail va s'imposer, avec l'annonce, "tu m'as peut-être refilé l'hépatite B, va faire une prise de sang". Quant à moi, j'en suis guérie, je ne peux pas la transmettre, mais je ne pourrais jamais donner mon sang.

Alors voilà, je suis sur le cul, il faut le dire. J'en reviens pas. Toute cette histoire m'aura appris une chose : protégeons-nous bordel...qu'est-ce qu'il se serait passé si...