La bulle de Lili

ma déprime

Mardi 20 Juin 2006 à 20h21

Mon début de semaine a été mouvementé, d'un point de vue psychologique.

Hier, au boulot, j'entends ma collègue téléphoner à un client, et en gros je comprends qu'elle fait mon travail. Le travail qu'ils m'ont demandé d'effectuer pendant mon stage pour, justement, la soulager. Elle est en train de le faire.
Tout de suite grosse réflexion qui se met en route dans ma tête : elle le fait parce qu'elle a compris que j'étais incapable de le faire. Elle le fait parce qu'elle sait que de toute manière, je suis trop nulle pour le faire. Elle le fait parce qu'ils se sont concertés, ont décidé que je m'étais planté de stage, que j'étais vraiment bête, empotée, nulle, et que j'étais pas capable de le faire, c'est tout.

Tout l'après-midi ça a trotté dans ma tête. Je me suis dit que de toute manière je n'aimais pas ce stage. Mais désespérée de voir que d'autres pensent comme moi, que je suis incapable. Toute la soirée, j'ai ressassé aussi. En plus j'étais toute seule chez moi. Personne à appeler, parce que personne comprendrait vraiment. Si j'appelais n'importe qui, en disant "je suis pas capable de faire ça, je ferais peut-être mieux de tout arrêter", il me dirait "mais arrête, Lili, tu es intelligente, tu vaux mieux que d'être serveuse"...car oui, hier soir, j'ai tout envisagé. Je dois même dire que j'ai prié pour ne pas être prise en Master. Au moins, ce serait tout simplifié. J'arrête mes études, je pars aux States dans ce restaurant français, je fais serveuse, je passe une petite vie tranquille. Et puis je pense à qui je pourrais bien l'annoncer, et je trouve personne. Parce que tout le monde me dire, "tu vaux mieux que ça, arrête pas tes études maintenant"...

Et puis aussi, si je m'étais trompée dans mon choix d'études ? J'en vois tellement, qui sont passionés par ça, et moi, ben je suis juste "bonne"...pas excellente, j'ai pas des idées transcendantes, comme d'autres, le seul truc que je sache bien faire, c'est parler anglais et italien. Point barre. Mais on fait pas une vie avec ça...hier soir, j'ai juste essayé d'appeler Anne, parce que je sais qu'elle me comprend, et que si je lui dis "j'arrête maintenant", c'est la seule personne qui me dira "ok ben viens avec moi, je pars bosser aux States en octobre, ya moyen de s'amuser toutes les deux"...mais Anne n'a pas répondu. La seule personne que j'ai eu au téléphone hier soir c'est ma mère, qui, quand je lui ai dit que ça allait pas super au boulot, m'a juste dit "mais faut t'habituer".

Et puis d'un coup hier soir, alors que je pleurnichais sur mon lit, "j'en ai marre, je suis nulle, je sers à rien, tout le monde réussit à trouver sa voie sauf moi", une voix assez combattive a résonné à l'intérieur de ma tête. C'était du genre "quoi ? et tu vas te laisser faire comme ça ? juste parce qu'elle appelle à ta place, tu te fais des films, et tu vas tout laisser tomber ? mais prouve-leur, à tes supérieurs, que tu vaux quelque chose, merde, t'es pas venue là pour pleurer sur ton sort ! et si ça te plait pas, au moins ça veut dire que tu sais que tu voudras pas faire ça toute ta vie".

Ca m'a rassuré, je me suis dit que je pouvais le faire, yavait pas de raison. Et puis ce matin, mail d'Arthur, en réponse au mail alarmant écrit hier après-midi (contenant à peu près tout ce qu'il y a écrit ci-dessus), qui me dit qu'il ne peut pas m'aider parce que lui aussi se demande s'il fait les bonnes études, et que de toute manière, faire ce stage ne peut que m'enrichir pour le futur.

Ca va mieux. Et puis j'ai pris la décision, histoire de voir des gens que je connais, d'aller passer quelques jours à Paris. Ca va me changer les idées, et peut-être même me les remettre en place.