C'était tellement bien...
Déjà, avant de partir, ça avait bien commencé, le temps s'était levé. On mange ici, on va se prendre un café sur le port, je goûte ces viennoiseries à la cannelle qui me tentent depuis que je suis arrivée. Dé-li-cieux. La meilleure chose mangée ici. Je regrette pas.
Puis on part, il fait toujours beau, on arrive là-bas, un ciel bleu magnifique. La ville est mignonne, plein de choses à voir, vieille ville super. Il n'y a pas grand monde dans les rues, on savoure. Dans un éclair de lucidité, j'avais envoyé un message à Steven pour lui dire que mon téléphone ne captait peut-être pas dans son pays, qu'on n'avait qu'à se retrouver à 18h devant l'office du tourisme, point toujours facile à trouver. D'autant plus facile que la ville est petite...je me demandais si j'allais le reconnaitre, ça doit faire huit ou neuf mois qu'on s'est pas vus, et puis il arrive, et je le reconnais direct. Lui aussi. Il commence à me parler en italien, j'ai envie aussi de parler italien, mais Pauline ne comprend pas, alors on enchaine en anglais. Steven est un peu fatigué, il a fait une compétition de vélo toute la journée, il vient juste de rentrer, et il trouve encore le courage de venir nous faire une visite guidée. Je trouve ça tellement gentil...
Il nous montre les points intéressants, en s'excusant parce qu'il n'y connait rien à l'histoire, nous raconte des anecdotes, entre temps on parle de l'Italie, Rome, Milan, tout ça...on marche, on marche, il nous montre plein de coins sympa, comme la terrasse au 25ème étage d'un hôtel avec une super vue sur ces toits de tuile rouge, vieille ville d'un côté et ces immeubles en construction de l'autre...et puis on va manger dans un resto typique, un saumon trop bon pour moi, un bon steak pour Pauline qui en rêvait depuis son arrivée.
Pauline...mal à l'aise avec l'anglais, qui ne parle quasiment pas. Ca me met mal à l'aise, j'ai l'impression qu'elle s'ennuie, mais non, après coup, elle me dit que Steven est vraiment serviable et gentil, que c'est sympa de sa part d'avoir fait tout ça. Mais j'avais écrit un mail à Steven, pour lui dire que si je venais comme ça, d'un coup, dans sa ville, c'est parce qu'une amie repartait en France ; pendant le resto, il lui demande "ça fait combien de temps que t'es ici ? " elle répond "deux semaines, comme Lili..."
il s'étonne, "ah bon ? c'est long ! " elle dit "ben jsuis en Erasmus, moi aussi". "Ah je croyais que t'étais venue la voir...du coup toi aussi tu reviendras sûrement ici" et elle dit "oui, sûrement". Je n'ose pas dire qu'elle s'en va bientôt, et je sens au regard de Steven qu'il ne comprend pas bien. Du coup je lui ai écrit un mail pour lui expliquer.
Retour un peu triste, un peu nostalgique, j'avais tellement envie de parler italien, évoquer nos quelques souvenirs en commun a remué plein de sentiments, ce soir j'avais envie d'Italie. J'avais envie de Pizza al taglio, de Pasta, d'expressions avec les mains comme "ma daaaaai" comme on le dit tout le temps, ou de dire "boh" pour dire "je sais pas". Ce soir j'avais envie d'être dans ma petite ville italienne, ou à Rome, ou à Milan, j'avais envie de tous les revoir. Je serais bien restée un peu plus longtemps. Mais normalement j'y retourne en octobre,Steven m'a dit qu'il fallait que je fasse la fête là-bas. Et normalement il va bientôt venir dans ma capitale, il a des amis ici. Chouette.
C'est tellement un gars bien, Steven. J'ai repensé à cette soirée passée ensemble, ça m'a fait sourire. On s'est bien amusés, à Milan...Lorraine et Denis étaient partis je sais pas où, du coup on s'était retrouvés que tous les deux, dans cette boîte. On s'est suivis mutuellement dans nos espèces de danses ridicules, à hurler les paroles des chansons qu'on entendait, à rire. Et d'un coup, je me suis approchée et je l'ai embrassé. Et c'était bien. Ca s'est arrêté là, on a juste dormi ensemble, c'est quelqu'un de très respectueux.
Mais je me demande pourquoi je choisis toujours les gars sur qui je craque aussi loin. Depuis toujours. Romain, Bastien un peu, Stéphane, Peter, Steven...comme si je les voulais définitivement innaccessibles.
Enfin bref. Très bonne journée. J'ai adoré. J'en veux encore.