25 décembre, 14h15, message de ma belle-mère: "alors, généreux ce Papa Noël ? joyeux Noël, bisous de nous quatre, P*".
Je comprends pas. Pourquoi c'est elle qui pense à moi, et pas mon père ? c'est si dur de m'appeler pour prendre de mes nouvelles ? pour savoir comment s'est passé mon retour ? si j'ai bien voyagé ? si j'ai envie d'aller le voir ? je connais ses arguments, ça va être "mais tu pars un mois, et dis donc t'es pas reconnaissante, je t'ai payé la moitié du voyage ! et puis ton ordi, je te l'ai payé, et puis ça, et puis ça,..."
Mais je m'en fous, de tes sous. Je m'en fous. Oui, je suis contente quand tu m'offres quelque chose, mais mes bons souvenirs avec toi, ce n'est pas dans ce que j'ai reçu matériellement. C'est dans les week-end passés chez toi, c'est dans les quelques jours que vous êtes venus passer à Bruxelles l'an dernier, c'est dans les coups de fil que tu me passes, c'est dans ton émotion d'être grand père, c'est quand tu me souris et que je vois quelque chose dans tes yeux, de la tendresse, de l'amour, peut-être. Je dis peut-être, parce que j'en suis vraiment pas sûre.
Et je sais aussi quel autre argument tu vas me sortir, c'est "mais toi aussi, tu peux m'appeler". Excuse-moi, Papa, la dernière fois que je t'ai eu au téléphone, c'est parce que Lou avait besoin d'un tuyau en anglais, et tu m'as répondu "occupe-toi de tes affaires". Je suis ta fille, non ? j'en fais partie, de tes affaires. Et en plus je te parlais de mes neveux, pas de ta vie privée avec ta femme ou je sais pas quoi.Alors là, tout de suite, non, j'ai pas envie de faire le premier pas. Je m'occupe de mes affaires, point.
Putain, je vais encore être tendue pendant le reste de la journée. Parce qu'évidemment j'ai répondu. "Généreux, il ne manquait plus qu'une pensée de Papa, j'avais dû oublier de le mettre dans ma liste...merci de penser à moi, Joyeux Noël, bisous". Et là, j'ai mis mon téléphone en silencieux, parce que c'est possible que du coup, il m'appelle. Et bien sûr, si je l'ai au téléphone maintenant, je lui dirais rien de tout ça.
Je suis trop conne.